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SOMMAIRE DE L'INSERTION 111

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2017 commence fort pour notre fédération ! Fin 2016, les représentants du ministre bruxellois de l’Emploi et l’Économie présentaient à la Plate-forme de l’Économie sociale une note d’orientation qui devrait préfigurer le contenu d’une nouvelle ordonnance. Nous y sommes évidemment très attentifs au vu de son importance pour l’avenir et le développement de l’économie sociale d’insertion. D’autant plus qu’en parallèle, le ministre Gosuin avance sur le projet d’ordonnance visant à modifier les mesures emploi.
Vous trouverez dans ce numéro deux brefs échos de ces premiers jalons législatifs.
Pour ne pas faire de jaloux entre les deux secteurs que nous représentons, 2017 devrait aussi voir avancer, et qui sait, peut-être aboutir, les réflexions sur la révision du bon vieux Décret ISP de 1995. Il tient toujours la route, mais un petit lifting pour être mieux dans l’air du temps est nécessaire…
Il est trop tôt pour vous en faire part, mais l’ISP a toute sa place dans ce numéro. Le dossier est en effet consacré à « l’Insertion d'ailleurs vue d'ici ». Quoi de plus naturel, dans une période de changement, de jeter un regard intéressé et critique sur ce qui se fait en matière d’accompagnement et d’insertion professionnelle dans d’autres régions, dans d’autres pays proches ou plus lointains. Notre invitation au voyage vous emmènera en France, au Royaume-Uni avant de faire un grand bon vers le Québec.
Vous verrez que les approches sont parfois différentes, en fonction des situations économiques et culturelles propres. Il y a aussi des similitudes et des convergences avec des logiques de responsabilisation et d’activation de plus en plus prégnantes, quelles que soient les spécificités.
À l’heure où des changements importants se profilent à Bruxelles, tant pour le secteur de l’économie sociale d’insertion que pour le secteur de l’insertion socioprofessionnelle, nous ne pouvons que réaffirmer que ces logiques ont pour le moins leurs limites, particulièrement
pour les travailleurs sans emploi les plus fragilisés. Poussées à leurs paroxysmes, elles ont des effets contre-productifs qui peuvent susciter du découragement, des sentiments d’exclusion et de stigmatisation encore plus marqués.
L’Europe a mis l’accent sur la nécessité de « récupérer les Neets »1. Fort bien ! Mais récupérer des exclus d’un côté, pour en recréer d’autres à la sortie est pour le moins contradictoire… Bien sûr, la situation à Bruxelles, par rapport aux politiques mises en place, n’est pas aussi caricaturale et des efforts significatifs sont faits, tant par les acteurs publics qu’associatifs, pour travailler dans de vraies logiques d’insertion. C’est bien cette optique que nous soutenons et qui devrait être possible, voire amplifiée dans le cadre des nouvelles orientations législatives.
Et pour illustrer ce propos, je vous conseille particulièrement la lecture de la rencontre avec Agnès Derynck, qui après une longue carrière quitte la direction d’un OISP et nous livre en quelques mots l’essence même du travail d’insertion socioprofessionnelle.
Je vous conseille aussi de lire avec attention la rubrique « Allo la terre, Allo Bruxelles », qui à l’opposé, montre toute l’absurdité des politiques d’hyper responsabilisation…

Bonne Lecture,

Pierre Devleeshouwer
Directeur