2006: L'ISP ET SES PARTENARIATS
Cette journée d'étude fait partie des quatres événements organisés par la FeBISP à l'occasion de ses dix ans. Cette neuvième journée d'étude faisait le point sur l'insertion socioprofessinnellet et ses partenariats publiques et privés. A cette occasion, plusieurs personnalités importantes s'étaient déplacées. Le Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale, Charles Picqué, la Ministre de la Formation Professionnelle, Françoise Dupuis, le directeur de cabinet du Ministre de l'Emploi et de l'Economie, le directeur d'Actiris, Eddy Courthéoux et le directeur général de Bruxelles Formation, Michel Peffer.
INTRODUCTION
Le dispositif ISP s'inscrit dans une logique de coordination avec d'autres acteurs de l'emploi et de la formation pour mettre en oeuvre à l'échelon local les politiques régionales, communautaires, fédérales et européennes.
Deux objectif à la journée.
Premièrement, dresser un bilan du chemin parcouru par les opérateurs d'insertion (OISP) tant avec leurs partenaires publics que sont Bruxelles Formation et Actiris, qu'avec les entreprises privées ou publiques.
Deuxièment, tracer les enjeux et les perspectives qui les attendent pour faciliter ensemble l'insertion sociale et professionnelle de notre public.
LES INVITES
La FeBISP avait invité :
- son homologue néerlandophone Tracé Brussel (asbl coordinatrice des opérateurs d'insertion bruxellois néerlandophones) ;
- le directeur général de Bruxelles Formation, Pichel Peffer ;
- le directeur générale d'Actiris, Eddy Courthéoux
Pour tracer les lignes politiques, la FeBISP a fait appel aux ministres compétents :
- Madame Françoise Dupuis, Ministre du Collège de la Cocof chargée de la formation professionnelle ;
- Monsieur Charles Picqué, Ministre-Président du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale (considéré comme le père fondateur du dispositif bruxellois d'insertion socioprofessionnelle) ;
- Monsieur Benoît Cerexhe, Ministre régional de l'Economie et de l'Emploi, qui retenu, a délégué son chef de cabinet Monsieur Christian Lamouline.
Enfin, étaient également conviés les représentants de :
- la Fédération Générale du Travail de Belgique, la FGTB ;
- la Confédération des syndicats chrétiens de Belgique, la CSC ;
- de la Centrale Générale des Syndicats Libéraux de Belgique, la CGSLB ;
- de la Fédération des Partenaires pour l'Emploi, Federgon ;
- de l'Union des Entreprises de Bruxelles, l'UEB.
LES DEBATS
Madame Dupuis a dressé les priorités politiques en matière de formation ISP et a insisté sur le besoin de développer l'offre de formation professionnelle : Sur ce plan, il reste du chemin à parcourir, rendez-vous est pris pour un bilan à la fin de l'année 2006. Citons également :
- la mise en place de modules de formation en langue ;
- la pérennisation d'un préfinancement FSE pour les OISP
Monsieur Charles Picqué a présenté le Contrat pour l'Economie et l'Emploi (C2E) en détaillant en quoi il pouvait apporter une réponse régionale aux problèmes d'emploi et de formation à Bruxelles. Toutefois, il a souligné que l'impact des politiques de mise à l'emploi doit être évalué à l'aube de la conjoncture économique : lorsque la conjoncture internationale est mauvaise, les politiques de lutte contre le chômage ne peuvent pas faire de miracles. Par ailleurs, a-t-il poursuivi, comme dans toutes les grandes villes, le taux de chômage bruxellois est élevé car elle est le point d'entrée de toutes les immigrations et que sa vocation de solidarité sociale est élevée.
Selon lui, il est utopique de lutter contre la tertiarisation en voulant important des emplois industriels pour les peu qualifiés. Par contre, il existe des emplois manuels dans les métiers de la construction et de la rénovation.
« Arrêtons de diaboliser l'entreprise, elle est le partenaire privilégié dans le C2E. »
a-t-il martelé au public présent. Il précise que si les dérives du capitalisme mondialisé peuvent être pointées,
« il ne faut pas mettre tous les entrepreneurs dans le même sac ».
Toujours selon Monsieur Picqué, pour répondre au problème de sous-emploi des bruxellois, il est indispensable de développer les relations avec les entreprises, y compris avec les grandes entreprises publiques. En effet, il est étrange que seuls 3% des travailleurs de la SNCB soient bruxellois.
Quant à l'associatif, le Ministre-Président a indiqué que bien qu'il ne soit pas l'instrument des pouvoirs publics, il doit participer à un certain nombre de leurs objectifs, exhortant les professionnels de l'ISP à ne pas tomber dans le complexe du
« socio-cul »
car a-t-il affirmé,
« la rationalité dans les entreprises n'est pas plus grande qu'ailleurs, quoi qu?en disent les patrons »
.
Travailler avec les entreprises est déjà une réalité pour bons nombres d'OISP, dont la finalité est de faciliter la mise à l'emploi. Cette journée fut l'occasion d'entendre des professionnels du terrain exposer leurs actions en partenariat avec des employeurs :
- l'asbl saint-gilloise Cenforgil qui forme depuis 1996 en collaboration avec la société Sodexho des « commis de cuisine de collectivité » ;
- la Mission Locale d'Etterbeek qui a mis en place des groupements d'employeurs. Il s'agit d'une entreprise fondée par d'autres entreprises qui décident de se partager le temps de travail des salariés. Le groupement a donc pour seul objet social d'employer des travailleurs qui seront mis à disposition des entreprises adhérentes en fonction de leur besoin. L'avantage : simplification administrative, flexibilité et une sécurisation des salariés qui sont engagés en contrat à durée indéterminée. Au sein du premier groupement d'employeurs mis en place (Foodpower) se retrouvent des PME mais aussi des entreprises plus connues telles que Viangros ou Léonidas. Jugeant l'idée excellente, le secrétaire régional de la FGTB, Philippe Van Muylder, regrettait vivement que les syndicats n'aient pas été consultés à la création de Foodpower alors même que Léonidas ou Viangros ont des conseils d'entreprises.
COMMENT DEVELOPPER LE PARTENARIAT OISP/ENTREPRISES ?
Les représentants FGTB, CSC, CGSLB, Federgon, UEB et FeBISP ont tenté de répondre à cette question lors dune table-ronde.
Considérant que la tertiarisation et l'internationalisation de l'emploi bruxellois impliquent une hausse inéluctable des qualifications exigées par les entreprises, Frans De Keyser (UEB) estime qu'il existe une frange de chômeurs pour lesquels
" on aura beau prévoir toutes les actions que l'on veut, ils ne trouveront jamais d'emploi "
. Il affirme qu'il y a un
" taux naturel de chômage "
en-dessous duquel il est impossible de descendre. Réagissant à ces propos, Gabriel Maissin a rétorqué que
" l'économie n'est pas « naturelle, elle relève d'une construction de la société réalisée par l'homme. À ce titre, il est toujours possible de la changer "
. De son côté, à l'instar de Philippe van Vandenabeele (CGSLB), Philippe Van Muylder, s'interrogeait :
" si l'on affirme qu'une frange de la population ne trouvera jamais d'emploi, pourquoi avoir instauré la chasse aux chômeurs ? Le patronat n'est pas toujours cohérent dans ses discours ; de même lorsqu'il dit que le problème c'est l'emploi subventionné. Les titres-services ou les réductions linéaires de charges sociales que les pouvoirs publics offrent régulièrement aux entreprises, ne serait-ce pas de l'emploi subventionné ? "
.
Le représentant de l'UEB a poursuivi en félicitant les OISP qui font un travail efficace mais généralement ignoré des entreprises :
" L'ISP en tant que secteur n'est pas connu. Les contacts interpersonnels ne suffisent pas. Il faut travailler selon la méthode de la segmentation : segmenter finement les secteurs dans lesquels il y a moyen de faire quelque chose "
. Néanmoins, tout en reconnaissant l'importance et la nécessité de la formation, Myriam Gérard (CSC) objectait que les personnes sans emploi ont parfois
" simplement "
envie d'avoir un job, et pas seulement d'apprendre.
Pour Frédéric Druck (Federgon), le secteur de l'intérim a un rôle social naturel même si sa finalité est commerciale. Et d'avancer ces quelques chiffres : 40% des intérimaires étaient chômeurs auparavant, dont 42% depuis plus d'un an. Un intérimaire sur deux a accès à un emploi fixe au terme de sa mission d'intérim. Parce qu'ils agissent en direction du même public, a-t-il poursuivi, nos deux mondes (Intérim et ISP) ont intérêt à collaborer.
Enfin, le chef de cabinet de Monsieur Cerexhe a conclu cette journée en souhaitant un bon anniversaire à la FeBISP, à ses membres et un plein succès pour leurs actions d'insertion au service des demandeurs d'emploi.
POUR EN SAVOIR PLUS
L'insertion 66 - mars à mai 2006 - pages 7 à 9 (2594KB)sur le Vif, cet article revient sur la journée d'étude


