LES MISSIONS LOCALES EN DEBAT AU PARLEMENT BRUXELLOIS
La commission des affaires économiques du Parlement de la Région de Bruxelles-Capitale, a examiné fin septembre et courant octobre le projet d'ordonnance relative au soutien des Missions Locales pour l'emploi et des Lokale Werkwinkels.
A cette occasion, les député(e)s ont souhaité entendre les représentants des acteurs de terrain à savoir Steef Corijn, coordinateur de Tracé Brussel vzw et Gabriel Maissin, administrateur délégué de la FeBISP, qui fédère notamment les 9 Missions Locales.
Dans le contexte de décentralisation des outils de la politique d'emploi, la FeBISP est tout à fait favorable à l'élaboration d'une ordonnance qui vient délimiter et articuler les missions qui sont dévolues aux acteurs associatifs. Une fois ce préalable posé, Gabriel Maissin a fait part des remarques que le secteur formule à l'égard de ce texte. Parmi celles-ci, nous en citerons 5 :
Une première concerne la définition du public visé par les Missions Locales. A défaut de la préciser, les Missions Locales risquent d'être un acteur supplémentaire et la coordination sur une même zone entre la Maison de l'emploi, l'antenne décentralisée d'Actiris ou l'agence locale pour l'emploi en pâtirait. C'est à partir des caractéristiques de ce public, que l'on dit « pudiquement « à une assez grande distance du marché de l'emploi » que se justifie l'approche globale et individualisée, qui dépasse le simple accueil et la simple orientation professionnelle.
Une deuxième a trait à la nature du partenariat avec Actiris. Le texte semble vouloir réaffirmer avec force, comme s'il était contesté, le rôle de régulateur d'Actiris. Les Missions Locales entendent travailler avec Actiris dans une relation de partenariat pour lequel les modalités sont établies de commun accord, y compris les objectifs quantitatifs / qualitatifs et les modes d'évaluation. Prenons en compte le potentiel des Missions Locales et leurs vingt ans d'expérience.
Une troisième rappelle que les Missions Locales sont aussi des opérateurs d'insertion socioprofessionnelle reconnus et agréés par la Cocof. Celle-ci leur reconnaît un rôle de coordination dans la mise sur pied de filières de formation professionnelle adaptées. Elle finance, à ce titre, un coordinateur pédagogique par mission locale. Il y a donc des conventions entre les missions locales et Bruxelles-Formation, l'opérateur public de formation francophone. Or ceci n'est pas mentionné dans le projet d'ordonnance, alors que les accords de coopération relatifs au VDAB le sont ! L'avis du Conseil économique et social reprenait d'ailleurs amplement cette question.
La question de la prospection des TPE se pose aussi. Il y a une corrélation erronée entre TPE et travail peu qualifié. Il est trompeur de penser que le public fragilisé fréquentant les Missions Locales sera plus aisément placé dans ces entreprises. Les classes moyennes et les très petites entreprises (TPE) ont d'ailleurs fait part de leur désapprobation à ce sujet. Les Missions Locales ne sont pas contre mais il s'agit là d'une nouvelle activité à soutenir par des moyens financiers spécifiques. Parallèlement cela ne doit pas occulter la possibilité pour les Missions Locales en concertation avec Actiris de prospecter les autres types d'entreprises.
Enfin la FeBISP approuve la volonté de doter les Missions Locales d'un financement structurel pluriannuel qui prenne en compte l'accord non marchand, encore faut-il qu'il soit au moins équivalent et si possible supérieur à la progression de l'inflation et qu'il puisse permettre des dépenses d'investissement.
Restera à concrétiser tout cela dans des arrêtés d'exécution. Le travail est loin d'être terminé, mais un grand pas a été franchi.