ETUDE DU PUBLIC ISP

L'administration de la Cocof propose à la FeBISP de participer au Comité d'accompagnement de l'étude à mener sur le public ISP entre 2000 et 2004 réunissant les quatre organismes publics (le Fonds social européen, l'ORBEM, Bruxelles Formation et la Cocof).

L'étude a pour objet de contribuer à une réflexion au sein des instances concernées sur l'évolution du dispositif et ses besoins de consolidation et/ou son ajustement. Elle a pour objet d'analyser qualitativement et quantitativement l'évolution des caractéristiques du public inscrit dans le dispositif ISP ainsi que l'écart éventuel entre l'offre et la demande de formation.

Suite au constat que le nombre de demandes de formation augmente dans la plupart des secteurs de formation avec à l'entrée de nouveaux " types " de publics dans le dispositif ISP.  La question centrale est donc de savoir avec précision si ces " nouveaux " publics ont pour effet d'évincer le public ISP traditionnel et si le public en formation correspond bien à celui défini par le décret du 27 avril 1995.

Un premier volet qualitatif doit étudier la typologie du public présent dans le dispositif.
Un second volet quantitatif doit établir la comparaison entre l'offre et la demande de formation.

Les critères définis dans les deux volets doivent être traités afin de mettre en évidence les corrélations entre les différentes variables prises en compte (par exemple : âge, diplôme, durée d'inoccupation ou nationalité, type de formation).

LES ETAPES DU PROJET

  • Fin 2003, la COCOF (sensible aux témoignages formulés en commissions thématiques, en concertation zonale  ou encore lors de ses visites d'inspection ) crée un groupe de travail  afin de mesurer l'utilité de mettre sur pied une étude sur l'évolution du public dans le paysage de l'insertion.
  • Début 2004, le document « Evaluation des actions de concertation et de coordinations locales » des actions et du public de la Zone Nord-Est, produit par les Missions Locales de St-Josse et de Schaerbeek, conforte le Comité d'accompagnement dans sa dynamique. Des bruits courent sur la présence d'un public surqualifé (qui a déjà un Certificat d'enseignement secondaire supérieur ou plus)...
  • Fin 2004, le Comité d'accompagnement finalise le cahier des charges avec un appel d'offres inscrit dans le processus d'évaluation du Document Unique de Programmation Objectif 3 FSE.
  • En janvier 2005, un courrier de la COCOF informe les OISP du démarrage de cette étude par le Centre de sociologie de l'emploi, du travail et de la formation de l'Université Libre de Bruxelles, le TEF.
  • Fin 2006, le TEF rend compte de ses résultats sur un plan quantitatif mais pas sur un plan qualitatif.
    Le Comité d'accompagnement de l'Etude prend la décision de mettre fin au travail entrepris.

LES TENDANCES DEGAGEES PAR L'ETUDE SUR UN PLAN QUANTITATIF

Les résultats de l'étude montrent l'hétérogénéité des stagiaires qui composent les groupes en formation tant par leur origine, leur statut social, leur bagage scolaire que leur projet de vie.

  1. Deux tiers du public présent dans le dispositif est âgé entre 20 et 35 ans.
  2. Deux tiers du public présent dans le dispositif est de genre féminin.
  3. Deux tiers du public a au maximum obtenu le Certificat d'Enseignement secondaire inférieur. Il s'avère que l'hypothèse d'une présence importante d'un public surqualifié est erronée. Si un petit nombre d'usagers détiennent un Certificat de l'Enseignement Secondaire Supérieur (CESS), ils se trouvent dans une situation de précarité les empêchant de s'insérer socialement et professionnellement.
  4. Seul 1,8% des stagiaires en formation a un diplôme reconnu.
  5. La moitié de ces personnes n'est pas d'origine européenne, un bons tiers est Belge  et une minorité est issue de l'Union européenne.
  6. Près de 10% a un statut de réfugié politique dont la majorité est issue d'Afrique Sub-sahérienne.
  7. 40% de stagiaires sont au CPAS et 40% sont chômeur complet indemnisé. Le montant des allocations varie selon la situation familiale des stagiaires (chef de ménage, isolé, co-habitant) et selon le temps d'inoccupation.
  8. 40% des stagiaires en formation ont moins de 10 mois, 30% ont plus de 2 ans d'inoccupation et 25% ont entre 10 mois à 2 ans d'inoccupation.
  9. La majorité du public se forme dans les secteurs d'activités « aide aux personnes », « bureautique », « informatique ».
  10. Un bon tiers du public présent dans le dispositif est engagé en formation qualifiante et un cinquième en préformation ; ce qui représente près de la moitié du public ISP.