aller au contenu

SOMMAIRE DE L'INSERTION 107

 .

1996, le monde dansait au rythme endiablé de la Macarena, Ophélie Winter avait la foi, « La promesse » et « Le huitième jour » émouvaient les salles de cinémas, « Camping Cosmos » mettait la belgitude en film, les jeunes faisaient la file pour acheter la toute nouvelle Nintendo 64 et jouer à Mario Kart 64, le jeu Diablo mettait la final fantasy sur le devant de la scène, le belge Frederik Deburghgraeve bat le record du monde du 100 mètres brasse aux Jeux olympiques d’été à Atlanta, les derniers casques bleus quittaient le Rwanda et l’Afrique du Sud adoptait une nouvelle constitution, la dure page de l’Apartheid se refermait, les États-Unis d’Amérique bombardaient l’Irak en riposte à l’offensive de Saddam Hussein en riposte à…, Samuel Huntington publiait son ouvrage « Le choc des civilisations », Carlos Felipe Ximenes Belo et José Ramos-Horta recevaient le prix Nobel de la Paix pour leur travail sur le Timor oriental, un accord de paix était signé en Tchétchénie et au Guatemala, le Conseil de l’Union européenne passait d’une présidence italienne à irlandaise, l’appel de Genève était lancé par plusieurs magistrats européens, la Belgique s’était réunie dans une longue marche blanche, l’État belge supprimait la peine capitale du code pénal, les coupures dans les dépenses de l’État avaient déjà commencé et les professeurs avaient lancé un long mouvement de grève…
Il y a 20 ans, je n’ai pas acheté la Nintendo 64, mais je suis allée voir Camping Cosmos au cinéma,
j’ai tenté en vain d’apprendre la chorégraphie de la Macarena, j’ai fait des piquets de grève et j’ai observé une minute de silence pour deux fillettes. Je n’étais pas à la naissance de la FeBISP, j’étais encore dans les couloirs de l’université à chercher des notes pour étudier les cours sans
syllabus et à tenter d’arriver tôt à la bibliothèque pour trouver une place assise durant le blocus.
Je savais déjà que le marché de l’emploi était bouché et avec tous ceux et celles de la Faculté de Philosophie et Lettres, nous savions que ça n’allait pas être de la gnognote à la sortie… On nous le répétait souvent… Nous savions aussi qu’il nous fallait réussir les examens, c’était quand même plus facile avec un diplôme que sans… Nous savions qu’il fallait apprendre une langue en plus, ça allait nous aider… Et puis, je suis sortie avec mon diplôme tout frais et j’ai été m’inscrire chez Actiris, enfin, l’ORBEm à l’époque :
- « Bonjour je cherche de l’emploi.
- Dans quels secteurs ?
- N’importe quoi, je prends tout ce qu’il y a.
- C’est pas facile, mais on va trouver. Et votre diplôme ?
- Philosophie de la communication.
- Alors vous êtes dans la catégorie « diplôme universitaire non classable ailleurs ».
- … » (sic)
Pendant ce temps, se constituait la FeBISP… En cette année 2016, c’est un peu ces 20 années que nous voulons retracer avec vous pour mieux envisager les 20 prochaines. Le futur n’est que la continuité du passé… En espérant avoir appris des erreurs et en gardant le meilleur. Et avant de commencer, nous souhaitons vous dire merci, car sans vous, tout ceci ne serait pas possible : MERCI à nos interlocuteurs de nous écouter, à nos partenaires de nous faire confiance, à nos membres de s’investir autant. Merci aux chercheurs d’emploi de continuer même quand la vie devient parfois une dérive. Merci aux Bruxellois de tout ce potentiel qui ne demande qu’à s’affirmer.

Merci à tous !

Tatiana Vanessa Vial Grösser, directrice adjointe de la FeBISP