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SOMMAIRE DE L'INSERTION 120

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Dans notre édito du numéro précédent, nous avons évoqué les acquis de la législature qui s’est terminée en mai. Depuis, nous avons voté (en tout cas pour ceux qui ont le droit de vote…). À l’heure d’écrire l’édito de ce numéro, des négociations sont en cours entre le PS, Ecolo, DéFI, côté francophone et Groen, l’Open VLD et one.brussels-SP.a, côté néerlandophone. Nous avons évidemment transmis aux négociateurs nos priorités en matière d’emploi, de formation et d’économie sociale d’insertion, telles que reprises dans notre Mémorandum. Nous ne reviendrons pas en détail sur son contenu ici. Mais, hasard ou cohérence, le dossier de ce numéro porte sur l’ancrage local en ISP. Une réalité historique et encore d’actualité, tant pour les OISP que pour un nombre significatif de structures d’économie sociale d’insertion. Vous en découvrirez les différents aspects et réalités encore très présents. De nos jours, cet ancrage reste pour nous une nécessité afin de connaître et répondre au mieux aux besoins des Bruxellois précarisés, en tout cas sur les volets emploi et formation.

Garder cette logique d’ancrage local est un défi pour les OISP et les ILDE et ça l’est aussi pour les pouvoirs publics régionaux. Si les politiques d’emploi, de formation et d’insertion se doivent d’avoir une cohérence régionale, il faut aussi qu’elles puissent se développer et se concrétiser en tenant compte des réalités des communes, des quartiers et de leurs habitants.

Ces dernières années, le mouvement de balancier a sans doute trop penché du côté de la cohérence régionale. Si les politiques d’emploi et de formation veulent encore intégrer les acteurs locaux et le tissu associatif dans l’ensemble du dispositif, Il serait souhaitable de leur redonner des espaces d’innovation, de proposition et de liberté. Même si cela peut paraître contradictoire de prime abord, cela permettrait sûrement de rendre ces politiques vraiment plus cohérentes, et ce à tout niveau.

À cet égard, ce qui a été mis en place pour les NEETs (personnes ni en enseignement, ni en formation, ni à l’emploi) est exemplatif de mon propos. Un OISP pouvait développer des projets de formation destinés aux NEETs, mais ne pouvait pas consacrer du temps à les contacter ou à les accrocher pour qu’ils envisagent éventuellement une formation. Un jeune passé par un module de formation d’accrochage NEETs ne pouvait pas intégrer un groupe de formation professionnelle pour les NEETs… illisible et incompréhensible pour les jeunes en rupture dans les quartiers ; ingérable pour les associations qui tentent ou retentent un vrai travail d’ancrage au niveau local…
Tout n’a pas été négatif dans ce programme, mais les deux dimensions « réalité » et « connaissance du terrain » n’ont sûrement pas assez été prises en compte, en tout cas pas pour leur opérationnalisation.
Nous verrons si ces dimensions seront (mieux) intégrées dans les déclarations de politique régionale et communautaire. Si tel est le cas, nous veillerons à les rendre les plus concrètes et les plus adaptées aux réalités locales. Et si ce n’est pas le cas, nous nous efforcerons de les porter pour que le balancier retrouve un peu plus d’équilibre…

Bonne lecture !


Pierre Devleeshouwer
Directeur