aller au contenu

SOMMAIRE DE L'INSERTION 91

Focus sur la réforme de l'État. Une réforme d'une importance sans précédent, tant au niveau des matières que des montants transférés. Elle détermine, ou elle accentue, une nouvelle organisation de l'État, essentiellement centrée sur les dynamiques communautaires et régionales. Les compétences transférées ou les décisions prises concernent directement les travailleurs et les travailleurs sans emploi. Et cela concerne donc au premier chef tous les acteurs de ces questions : responsables politiques, ACTIRIS, Bruxelles Formation, employeurs et, bien évidemment, les associations actives en insertion socioprofessionnelle et en économie sociale d'insertion.

 .

En ce début de printemps qui semble précoce et prometteur et, dans la logique des fruits politiques de l'hiver, le dossier de ce numéro est consacré à la réforme de l'État. Encore ? Déjà ? Trop tôt ? Nous nous sommes posés ces questions, tant de notre point de vue de Fédération que de notre point de vue de magazine abordant les problématiques de l'insertion socioprofessionnelle.

Il nous a semblé évident d'aborder cette thématique pour deux raisons essentielles. C'est d'abord une réforme d'une importance sans précédent, tant au niveau des matières
que des montants transférés. Elle détermine, ou elle accentue, une nouvelle organisation de l'État, essentiellement centrée sur les dynamiques communautaires et régionales. Quelles
que soient les opinions ou les points de vue que nous pouvons avoir sur ces questions, c'est aujourd'hui la nouvelle réalité. Et cela aura des impacts sur les politiques régionales, au-delà
des compétences stricto sensu. C'est ensuite une série de compétences transférées ou de décisions prises qui concernent directement les travailleurs et les travailleurs sans emploi. Et cela concerne donc au premier chef tous les acteurs de ces questions : responsables politiques, ACTIRIS, Bruxelles Formation, employeurs et, bien évidemment, les associations actives en insertion
socioprofessionnelle et en économie sociale d'insertion. Au-delà du transfert « technique » des compétences, se poseront et se posent déjà les questions sur les orientations politiques que prendront les Régions pour ces matières jusque-là gérées au niveau fédéral. Il nous semble qu'au vu de la situation particulière de la Région de Bruxelles-Capitale, il devrait y avoir une opportunité pour développer des politiques d'emploi répondant mieux à ces réalités. Répondre surtout mieux aux réalités des Bruxellois : n'oublions jamais qu'au-delà des chiffres, des pourcentages, des critères, des courbes, des catégorisations, il y a des personnes, nombreuses, très nombreuses qui ne trouvent pas, ou difficilement, une place suffisamment digne dans une des villes les plus riches d'Europe. Si toutes ces matières doivent être transférées en assurant la continuité des missions et services qui en découlent, nous ne pourrons et nous ne devrons, comme
acteurs, comme citoyen, nous en satisfaire. Cette nouvelle donne institutionnelle pourrait aussi être l'occasion d'établir un nouveau pacte social pour la Région bruxelloise, impliquant
les politiques, les partenaires sociaux, les acteurs associatifs et les citoyens. Mais c'est sans doute trop utopique...

Première étape indispensable, tenter de lire et de comprendre l'Accord fédéral de décembre, en nous centrant sur les matières qui touchent à l'emploi et à l'économie sociale. Tenter
aussi d'en dégager les enjeux les plus importants. C'est ce que nous vous proposons dans le dossier de ce numéro de L'insertion.

Bonne lecture,

Pierre Devleeshouwer
Directeur