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Public-cible

L’insertion socioprofessionnelle s’adresse aux demandeurs d’emplois bruxellois fragilisés : infraqualifiés, chômeurs de longue durée, diplôme non reconnu, jeunes, migrants, etc.

Définition du public ISP

Le Décret du 27 avril 1995 mentionne, dans son article 3 § 1er al. 2, que le dispositif ISP s’adresse aux « demandeurs d’emploi inoccupés de la Région de Bruxelles-Capitale qui ne sont pas détenteurs, au début de l’activité, du certificat d’enseignement secondaire supérieur décerné par le Ministère de l’Education ou de tout autre diplôme équivalent et qui sont dans l’impossibilité de répondre aux offres d’emploi disponibles sur le marché du travail en raison de la faiblesse ou de l’absence de qualification professionnelle, de leur dénuement social ou du fait de discriminations visant le groupe spécifique auquel ils appartiennent ».

Les caractéristiques communes du public ISP sont :

  • infrascolarisation
  • faiblesse ou absence de qualification professionnelle
  • difficultés matérielles et fragilisation sociale

Une grande majorité des demandeurs d’emploi bruxellois sont concernés par ces difficultés. Ainsi, selon les statistiques de l’Observatoire bruxellois de l’Emploi, près de 2/3 des 110.000 demandeurs d’emploi bruxellois ne disposent pas du certificat d'enseignement secondaire supérieur (CESS) ou de tout autre diplôme jugé équivalent. Les jeunes sont également particulièrement frappé par le chômage.

Profil des stagiaires ISP en 2013 (source : Bruxelles Formation)

Un public fragilisé

Les principales difficultés que rencontre le public ISP sont les suivantes :

  • manque d’expérience professionnelle
  • discrimination à l’embauche
  • manque d’estime de soi dû le plus souvent à un parcours scolaire difficile et un trajet de vie compliqué
  • des conditions de vie précaires (difficultés sociales, personnelles et/ou familiales)
  • absence de diplômes reconnus

A ces constats inquiétants s’ajoutent les politiques publiques d’activation soumettant de plus en plus fortement les demandeurs d’emploi à des pressions pour qu’ils s’insèrent professionnellement le plus rapidement, sans pour autant, les aider à pouvoir se former (ex: nombre insuffisant de places en formation) et sereinement (ex: manque de places disponibles en crèche, etc.). La conception de l'insertion limitée à l'emploi a donné lieu à une catégorisation des chercheurs d'emploi selon leur employabilité.

… mais avec un réel potentiel à valoriser

Les difficultés mentionnées et le constat de fragilité des stagiaires ISP ne doivent toutefois pas minimiser leur potentiel qu’ils désirent justement valoriser ! Parmi les forces dont dispose le public ISP, nous pouvons notamment mentionner :

  • motivation
  • débrouillardise
  • maîtrise de diverses compétences, généralement acquises de manière informelle (en dehors de tout apprentissage scolaire ou professionnel)

Les jeunes ont également beaucoup de potentiel à faire valoir !

Une approche pédagogique adaptée au public et à ses spécificités

La pluralité des situations de vie et des parcours d'insertion du public ISP est une richesse et un défi pour les organismes d’insertion socioprofessionnelle. Pour répondre à la variété des besoins, des cultures et des situations, les opérateurs d’insertion utilisent des outils pédagogiques adéquats. La méthodologie des OISP propose une dynamique constructive individuelle et collective. Elle permet de s'adapter aux parcours multiformes du public-cible.

Les pouvoirs publics catégorisent de plus en plus les chercheurs d'emplois : jeunes, "publics spécifiques", 45 ans et plus, peu qualifiés, particulièrement éloignés de l'emploi, etc. La FeBISP attire l'attention sur les dangers d'une segmentation à outrance. Non seulement cela complique le parcours d'insertion mais cela comporte le risque de stigmatisation, par exemple la catégorisation des chômeurs MMPP.